Miss Histoire

*Chapitre 1 : Seyé*  (Miss Histoire) posté le dimanche 02 juillet 2006 16:27


Et j’ouvre les yeux en clignant des paupières. Se trouve face à moi, une immensité de noir tachée de petits points blancs lumineux. Allongée dans l’herbe j’admire ce spectacle qui se dévoile sous mes yeux. La nuit et ses magnifiques étoiles brillantes de milles feux, s’offrent à moi. L’herbe, sur laquelle je suis allongée, chatouille mes pieds nus. J’essaye de me relever mais au moment de m’asseoir, une étrange douleur monte de mes entrailles et me tire le dos. Je pousse un cri. Je penche ma tête vers l’arrière et je vois avec stupeur que mes grandes ailes blanches ne sont plus là. J’observe autour de moi, et découvre une immense plaine qui s’étend à des kilomètres, et bien sûr, il n’y a aucun signe de vie. J’essaie de me relever tant bien que mal en ravalant ma douleur, si forte entre mes omoplates. Et je regarde. Je regarde la beauté qui se dévoile devant moi. L’herbe haute parsemée de petites lumières qui sont, entre autre, des millions de fées. Au fond, bien loin, on distingue une grande forêt, et de l’autre côté s’étend à perte de vue la plaine.

 

Un peu plus loin, une concentration de fées entoure un corps inanimé à terre. Je me dirige vers ce corps et découvre avec stupeur Yen, mon meilleur ami depuis toujours.

Je m’accroupis et écarte une mèche qui est tombé sur son visage d’une pâleur extrême. Yen avait des griffures sur les bras, le torse et sur les jambes. Il tient dans sa main, le rubis que je lui ai offert un peu plus tôt juste avant la bataille. Et lui aussi, n’a plus ses ailes. Je le secoue un peu pour qu’il se réveille. Et, en effet, cela marche. Il ouvre tout doucement les yeux et cligne des paupières. Et comme je l’ai pressenti, il se relève d’un bond et braque sa dague, qu’il tient dans son autre main,  vers moi.


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*Chapitre 1 : Seyé* La suite ...  (Miss Histoire) posté le dimanche 02 juillet 2006 16:43


- Yen ? C’est moi, Séye ! dis-je en essayant de le résonner.

-  Qui es-tu ? Et c’est quoi toutes ses lumières ? Qu’as tu fait de Raké ? Répond moi ou je te tranche la gorge !

- Mais enfin Yen, c’est Seye. Tu te souviens ? Ta meilleure amie ? Et depuis quand tu traînes avec notre ennemie jurée, Raké ?

- Je n’ai jamais eu d’amis, répond Yen. Et de plus, Raké est mon seul maître sur terre. C’est elle qui m’a tout appris, et c’est elle qui m’a sauvé à ma naissance. Je lui dois tout.

- Ce n’est pas vrai. C’est moi qui t’ai aidé à t’en sortir, c’est Païpo qui t’a tout appris et c’est à nous que tu dois tout, et pas à cette sorcière qui t’a toujours voulu dans son lit !

- Retraite la encore une fois de sorcière, et c’est ta tête que tu verras au bout de ma dague.

Des larmes se mirent à perler sur mon visage mais elles se mêlèrent bientôt à la pluie tombante.

- Et d’abord, qui es-tu étrangère ? Je ne t’ai jamais vu, dit Yen en baissant sa dague.

- Je suis ta…Je suis une voyageuse, dis-je en essuyant du revers de la main, mes larmes.

- J’aimerai que tu me suives, j’aurai besoin de toi et Raké sera ravie d’avoir une si charmante compagnie. Donne moi la main, le voyage risque d’être épuisant pour toi.

Je m’agrippe au bras de Yen et celui-ci range le rubis dans sa poche  droite pour y ressortir un pendule qu’il ouvre machinalement. Il place deux aiguilles et il le balance  de gauche à droite devant ses yeux comme les pendules dans les horloges. Et dans un tourbillon de lumière jaunâtre les deux gens disparaissent…

 


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*Chapitre 2 : Yen*  (Miss Histoire) posté le dimanche 02 juillet 2006 22:35


- Où est Yen ? Cherchez le moi, dépêchez vous bande d’incapables ! crie Raké perchée sur son trône royal.

- Oui maîtresse, dit un des soldats présents dans la grande salle royale.

 

Les soldats firent une révérence et sortirent par la grande porte. La salle est ornée de grands piliers de chaque côté de l’entrée qui, en une ligne, se dirigent vers le trône royal. De grands rideaux, dans un ton ocre, sont suspendus de chaque côté du trône et un grand tapis rouge fait le chemin entre le trône et la grande porte d’entrée. Des baies vitrées donnent un air de liberté dans la pièce ainsi que les magnifiques lampions suspendus un peu partout dans la pièce.

Un peintre se trouve au milieu de la pièce et il est en train de dessiner le portrait de Raké. Et un bruit sourd se fit. J’apparais avec Seye juste derrière le peintre, qui sursaute de peur.

- Qu’est-ce que… Yen ! Mais où étais tu donc passé ? On t’a cherché partout. Et qui est cette jeune fille avec toi ? Mais… mais c’est… Seye ! Gardes, emparez vous d’elle !

Trois soldats firent irruption et braquèrent leurs armes sur la jeune fille.

- Mais que faites vous ? Elle n’a rien fait ! dis-je en essayant de dégager Seye des griffes des gardes.

- Depuis quand refuses-tu mon obéissance Yen ? dit Raké en se levant brusquement et en descendant les marches.

- Excusez moi maîtresse, je m’excuse en m’agenouillant.

- Seye est une de tes pires ennemies de toujours. Elle et son maître Païpo te recherchent pour te tuer ! Comment as-tu pu être aussi naïf pour te laisser berner par cette petite sotte ? Gardes, emmenez la aux cachots !

Les trois gardes saisissent Seye qui ne se débat pas. Ils sortirent de la grande salle et descendent aux cachots par un étroit escalier. Là, un des gardes sort son trousseau de clefs et ouvre une des cellules où un autre garde jette Seye comme de la vulgaire viande que l’on donne aux fauves. Seye trébuche et se claque la tête par terre. Elle s’évanouit.

- Mais, elle n’a pourtant pas essayé de me tuer quand je l’ai rencontrée tout à l’heure, dis-je en me relevant.

- Sûrement une tactique. Je ne veux plus que tu t’approches d’elle sans mon accord. Est-ce bien compris ?

- Oui, maîtresse.

Raké va s’asseoir tandis que je sors de la salle pour rejoindre ma tour. Alors que je pose ma main sur la poignée de la porte de mon habitat, les trois gardes passent derrière moi. Je fais mine de rentrer et j’attends que les trois gardes soient assez loin pour que je puisse sortir. Je referme la porte derrière moi et descends vers les cachots…


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*Chapitre 3 : Seyé*  (Miss Histoire) posté le lundi 03 juillet 2006 11:54


 

Je ne me réveille qu’une heure plus tard, assommée, dans un des cachots du château de Raké. Je dois dire, que pour un cachot, c’est le pire de tous ceux que j’ai déjà vu. Il n’y a que de la paille sale à terre et un faible trou avec deux barreaux qui sert sûrement de fenêtre. Je me relève et me dirige vers le seau d’eau qui traîne dans un coin. Le seau est rempli d’un liquide verdâtre ce qui me coupe toute envie de me rafraîchir. J’entends un bruit de clefs dans la porte et lorsque celle-ci s’ouvre, je vois Yen tenant un plateau avec des fruits dans une main et un seau d’eau dans l’autre.

 

- Je me suis dit que tu avais peut-être faim, dit-il en posant le seau et le plateau à même le sol.

Après avoir tout posé par terre, il va chercher deux tabourets dans la pièce d’à côté et referme la porte derrière lui. Il s’assoit sur un des tabourets et il me tend l’autre. Je le prends avec plaisir, m’assois dessus et prends un raisin sur le plateau.

- Raké m’a interdit de venir te voir, dit-il en fixant son regard dans le mien.

- …

- Tout à l’heure, quand on s’est vu pour la première fois, quelque chose dans ton regard m’a rappelé quelqu’un. Elle était magnifique et toujours souriante. Je l’ai…

Mais Yen ne put finir sa phrase car on entendit des pas de l’autre côté de la porte.

- Je crois que c’est Raké, me dit-il en mettant sa main devant ma bouche de peur que je ne parle. Ne bouge pas.

Yen cache les fruits et le seau d’eau dans un coin et les recouvre avec une couverture toute miteuse qui sert de paillasse pour dormir. Avant qu’il ne se soit caché par je ne sais quels moyens, la porte s’ouvre et Raké entre avec un de ses gardes personnels.

- Je m’en suis doutée que tu rechercherais à lui parler. Que t’avais-je dis ? Elle est dangereuse !

- Je suis juste venu m’expliquer avec elle ! Je n’ai rien fait de mal !

Raké s’approche de Yen et lui administre une paire de gifles.

- Cela t’apprendra à ne pas me répondre. Pour ta désobéissance et ton insolence tu es banni du château pendant 2 jours. Va chercher tes affaires, tu pars avec le prochain voyage en direction du village.

- Bien maîtresse, dit Yen en faisant sa révérence et il sort de la pièce sans un regard.

- Quant à toi, j’ai toujours pensé que je serais débarrassée de toi mais je me suis trompée. Alors je t’exécuterai après demain à l’aube et là, enfin je pourrai régner sur le royaume de ton père !

- Vous n’avez pas le droit.

- Les temps ont changé mon enfant. Ton père n’est plus des nôtres et les démons ont gagné la bataille. Les anges ont disparus de la carte et en tant que dernière survivante de cette colonie, tu dois mourir. Tu peux nuire à mon règne.

Sur ces mots, Raké sort du cachot et referme derrière elle. Ma mort est programmée dans deux jours et Yen, mon dernier espoir, est banni du château. Les anges ne peuvent pas être vaincus. C’est impossible. Je ne peux pas être la dernière survivante. Je m’écroule à terre, les larmes coulent et je m’assoupis sur le sol dur et sale du cachot.


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*Chapitre 4 : Yen*  (Miss Histoire) posté le mardi 04 juillet 2006 10:58


 

Je sors donc du château et rejoins la caravane en partance vers le village. Au moment de partir je dresse un dernier regard vers la tour où se trouvent les cachots, et la caravane part.

La grande porte en bois de 4 mètres se referme derrière nous, et un grand chemin de terre caillouteux se dresse devant moi. Après quelques minutes de route, je pense à Seye, à son visage. Elle me rappelle tellement cette fille que j’ai aimée autrefois et qui a été tuée par Raké. Elle a les mêmes yeux, la même bouche, les mêmes traits du visage et des mains si fines. Je ne peux pas laisser Raké tuer Seye comme elle a tué cette fille.

 

Je me vêts d’un long manteau noir à capuche et saute par-dessus le chariot pour atterrir dans un bosquet. Je jette un rapide coup d’œil pour voir si personne ne m’a vu et j’attends un peu avant de repartir au château. Par chance, quand j’étais petit, je me suis fait une petite planque où je cachais toutes les armes encore utiles.

 

Je rampe pour ne pas être vu par les gardes et je me glisse sous une trappe cachée dans le sol. J’arrive dans un souterrain. Je cours jusqu’à un petit trou, assez grand pour m’y faufiler. La pièce dans laquelle je me retrouve est assez vaste pour s’y planquer pendant des jours. J’enlève le manteau et j’ouvre une grande malle où se trouvent des habits de rechange. Après m’être changé, j’attrape un paquet de gâteaux qui traîne sur une table de fortune. J’en mange 2 et en même temps je cherche mon arc et mes flèches. Après avoir trouvé tout ce qu’il me fallait, je repasse par le petit trou et me lance dans l’aventure à la façon Robin des Bois. Sauf que moi je ne vole pas aux riches pour donner aux pauvres. Quoi que…

Après avoir traversé tout le couloir, je monte à une échelle qui débouche dans une des salles du château. Je déplace tout doucement la dalle pour voir si personne ne se trouve dans cette salle et j’y pénètre en faisant attention de ne pas faire de bruit. Je remets la dalle. Je me trouve dans la grande bibliothèque que m’a fait construire Raké à mon plus jeune âge. Je dois dire que je ne suis plus intéressé par toute cette lecture et à 19 ans on est plus attiré par autre chose.

 

Je me faufile à pas de loups par la porte qui débouche dans le grand hall. Je monte les escaliers et me dirige vers la tour. Sur la route je croise deux gardes que j’assomme. Puis je prends les escaliers, une fois de plus et descends vers les cachots…

Mais au moment d’ouvrir la cellule de Seye je vois que celle-ci est ouverte et que Seye n’y est plus…


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