Et j’ouvre les yeux en clignant des paupières. Se trouve face à moi, une immensité de noir tachée de petits points blancs lumineux. Allongée dans l’herbe j’admire ce spectacle qui se dévoile sous mes yeux. La nuit et ses magnifiques étoiles brillantes de milles feux, s’offrent à moi. L’herbe, sur laquelle je suis allongée, chatouille mes pieds nus. J’essaye de me relever mais au moment de m’asseoir, une étrange douleur monte de mes entrailles et me tire le dos. Je pousse un cri. Je penche ma tête vers l’arrière et je vois avec stupeur que mes grandes ailes blanches ne sont plus là. J’observe autour de moi, et découvre une immense plaine qui s’étend à des kilomètres, et bien sûr, il n’y a aucun signe de vie. J’essaie de me relever tant bien que mal en ravalant ma douleur, si forte entre mes omoplates. Et je regarde. Je regarde la beauté qui se dévoile devant moi. L’herbe haute parsemée de petites lumières qui sont, entre autre, des millions de fées. Au fond, bien loin, on distingue une grande forêt, et de l’autre côté s’étend à perte de vue la plaine.
Un peu plus loin, une concentration de fées entoure un corps inanimé à terre. Je me dirige vers ce corps et découvre avec stupeur Yen, mon meilleur ami depuis toujours.
Je m’accroupis et écarte une mèche qui est tombé sur son visage d’une pâleur extrême. Yen avait des griffures sur les bras, le torse et sur les jambes. Il tient dans sa main, le rubis que je lui ai offert un peu plus tôt juste avant la bataille. Et lui aussi, n’a plus ses ailes. Je le secoue un peu pour qu’il se réveille. Et, en effet, cela marche. Il ouvre tout doucement les yeux et cligne des paupières. Et comme je l’ai pressenti, il se relève d’un bond et braque sa dague, qu’il tient dans son autre main, vers moi.